Nota : Ce terme est un concept purement écologique mais ses implications hydrologiques étant importantes nous avons décidé de le clarifier d'un point de vue hydrologique.
Etymologie et Histoire (voir aussi article "Milieu et zone. Mise au point sémantique")
Largement utilisé à partir de la fin des années soixante, le terme wetland apparu sous cette forme pour la première fois aux Etats Unis au début du XVIIè siècle selon Boulé (1994) a donné l'expression zone humide en français, les canadiens préférant une traduction plus littérale, parlent de terre humide. Le terme a été introduit en France à la fin des années 1960, par les scientifiques et protecteurs de la nature. Son appropriation par la communauté scientifique date des années 1970. En 1973, Jouanin notait que pour désigner globalement les biotopes couverts par le projet MAR, a été adopté le terme de zone humide. Cette locution peu usitée, désigne les milieux biologiques que nous appelons selon les cas, marais, marécage, vasière, estuaire, lagune, étang, etc.. C'est une désignation générale qui englobe des milieux variés mais ayant tous entre eux deux caractères communs: la présence de l'eau et la faible profondeur de celle-ci. Il précisait que les variations de nature de l'eau (douce, salée, saumâtre) étaient admises.
Définitions existantes
Remarque On notera:
Nous retiendrons pour la définition écologique :
Les zones humides se caractérisent par la présence, permanente ou temporaire, en surface ou à faible profondeur dans le sol, d'eau disponible douce, saumâtre ou salée. Souvent en position d'interface, de transition entre milieux terrestres et milieux aquatiques proprement dits, elles se distinguent par des sols hydromorphes ou non évolués, et/ou une végétation dominante composée de plantes hygrophiles au moins pendant une partie de l'année. Enfin elles nourrissent et/ou abritent de façon continue ou momentanée des espèces animales inféodées à ces espaces. (Barnaud, 1991)
Les zones humide correspondent aux marais, marécages, fondrières, fagnes, pannes, roselières, tourbières, prairies humides, marais agricoles, landes et bois marécageux, forêts alluviales et ripisylves marécageuses, mares y compris les temporaires, étangs, bras-morts, grèves à émersion saisonnière, vasières, lagunes, prés-salés, marais salicoles, sansouires, rizières, mangroves, etc.. Elles se trouvent en lisière de source, de ruisseaux, de fleuves, de lacs, en bordure de mer, de baies et d'estuaires, dans les deltas, dans les dépressions de vallée ou dans les zones de suinte ments à flanc de collines (Barnaud, 1991).
Définition hydrologique proposée
Les milieux humides (*) sont des systèmes aquatiques particuliers, annexes d'hydrosystèmes plus importants, de faible profondeur, toujours situés en interface entre le milieu terrestre et les milieux aquatiques proprement dits.
(*) nous préférons ce mot à zone humide qui prête à confusion avec la zone climatique correspondante.
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Typologie
Les types majeurs de zones humides (au sens écologique) rencontrés sur le territoire français recouvrent : les zones humides estuariennes, les marais salants, les zones humides des plaines alluviales (anciens bras, bras latéraux, terrains limoneux), les petits zones humides de bas-fonds liées aux ruisseaux et tête de bassin, les tourbières, les marais-marécages (prairies humides insérées dans les réseaux de canaux et fossés), les zones humides boisées, les zones d'étangs et les mangroves, sous les tropiques.
La typologie suivante est celle appliquée aux Schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) et aux Schémas d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) (voir tableau joint).
D'un point de vue hydrologique, les milieux humides sont caractérisés par l'hydrosystème majeur dont ils font partie. Typologiquement, on pourra séparer les milieux humides suivant que leurs eaux sont stagnantes ou courantes, permanentes ou temporaires, etc....
J.P. Carbonnel, Septembre 1997 |