Courbe de tarage ( Relation hauteur – débit )
Etymologie & Histoire
Dérivé de tarer (1723, terme de commerce ; au fig.
taré, XVIème), de tare (1311) emprunté probablement
par l’intermédiaire de l’italien tara à l’arabe tarah, du
verbe taraha " soustraire, déduire ". Tarage
est attesté en 1846 pour désigner la déduction du poids de
l’emballage ou du récipient. Plus tard, divers emplois techniques de ce mot font
allusion aux opérations ou dispositifs de réglage permettant d’obtenir des
mesures correctes. D’où en hydrologie, le fait de tenir compte du
débit dans le calcul des hauteurs d’eau et d’établir les relations
hauteur-débit.
Définitions existantes
- Glossaire International d'Hydrologie
Courbe d’étalonnage : synomyme Courbe
hauteur-débit, " Courbe indiquant la relation entre la hauteur d’eau
et le débit d’un cours d’eau au droit d’une station hydromètrique.
Traduite en chiffres, c’est un barème d’étalonnage "
- Dictionnaire de l’Eau (1981) :
Courbe des débits jaugés (rating curve)
" Graphique représentant la relation entre le débit et le
niveau qui y correspond en un point donné d’un cours d’eau ou d’un
canal ".
- Normes Internationales ISO-772(1996)
- Tarage : " Relation entre le débit et
les autres variables, ou prise d’observations et calculs nécessaires à
l’établissement de la relation "
- Tarage – étalonnage (d’une station) : " Etablissement
d’une relation entre le débit et la (les) variable(s)
mesurée(s) "
- Tarage/étalonnage discontinu : " tarage
présentant une rupture de continuité due à une modification du
régime de débit dans tout ou partie du bief de contrôle.
(note : la rupture est généralement abrupte) ".
- Guide des pratiques hydrologiques (OMM-168, 1994)
" Pour la plupart des stations de jaugeage, on définit la relation
hauteur-débit en reportant sur un graphique le débit mesuré en
abscisse et la cote en ordonnée. "
Remarque : l’expression courbe de tarage n’apparaît pas dans
les dictionnaires qui semblent préférer courbe d’étalonnage,
relation hauteur-débit.
Définition proposée
Courbe décrivant la relation expérimentale entre
les hauteurs d’eau et les débits correspondants d’un cours d’eau ou d’un canal,
établie à partir de mesures de vitesses à travers une section de
référence.
Relation hauteur – débit
Commentaires
- Si l’expression courbe de tarage est maintenant bien établie dans le
vocabulaire hydrologique, il est vrai qu’elle est assez mal choisie ; c’est
plutôt à un étalonnage que procède l’hydrologue en
établissant la courbe des débits en fonction des hauteurs d’eau.
- En général, le graphique présente les hauteurs en
ordonnées et les débits en abscisses.
- Sur un graphique orthogonal la courbe reliant les points expérimentaux
apparaît généralement concave vers le bas, reportée en
coordonnées logarithmiques, elle est souvent linéaire pour les hauteurs
fortes et moyennes ; en absence d’équation mathématique la
représentant fidèlement, la relation est utilisée sous sa forme
graphique.
- Les causes d’instabilité de la relation hauteur-débit sont
multiples : évolution du fond meuble, développement de la
végétation aquatique, couche de glace en amont ou en aval de la section
de mesure, accumulation de débris, influence de la marée…c’est pourquoi
on préfère souvent une section de contrôle artificiel (seuil en
béton) à une section naturelle pour établir cette relation.
- La relation hauteur-débit doit être vérifiée
régulièrement pour les cours d’eau naturels car elle peut varier dans le
temps avec la surface de la section de mesure. La station hydrométrique doit
donc être re-étalonnée en fonction de l’évolution de son
fond mobile et des diverses conditions de son débit. L’ensemble de ces
perturbations aboutissent au " détarage de la station ".
- En effet la courbe de tarage d’une station peut aussi varier en fonction du
régime du cours d’eau. En régime d’écoulement non permanent, avec
une pente faible du lit du cours d’eau, le gradient de la cote à l’échelle
joue un rôle important. Ainsi elle peut présenter une courbe
caractéristique pour la période de crue et une autre pour la
décrue. En général ces deux courbes ont une point commun
correspondant au débit minimum observé.
 |
J.P. Carbonnel, juillet 1999 |
 |
|