Source


Etymologie et Histoire :

D'abord sorse (XIIième siècle), féminin substantivé de sors, ancien participe passé de sourdre (XIIième siècle), du latin surgere, "se lever, surgir", par l'intermèdi- aire d'un participe passé populaire sursus, classique surrectus. La forme source apparait au XIVième.

REM.1. : Le mot est à rapprocher de surgeon (XVième siècle) sorjon (XIIIième siècle), d'abord "petite source" (encore chez Montaigne, II,12 : suivez-les (lois) contremont jusques à leur source, ce n'est qu'un petit surjeon d'eau à peine reconnaissable), de l'ancien participe présent de sourdre sourjant (vive et sourgeante fontaine, Scève, Délie, 307). Le substantif surgence n'est pas attesté, mais sur les participes présents des verbes latins exsurgere et resurgere ont été formés les dérivés savants exsurgence et résurgence.

REM.2. : Source a été longtemps en concurrence avec fontaine (cf. B.Palissy, 1580 et P.Perrault, 1674). Rappelons d'ailleurs que la dite fontaine de Vaucluse est le type de source vauclusienne


Définitions existantes :


Remarques

Passage privilégié de l'eau du sous-sol à la surface, connection entre les aquifères et les cours d'eau superficiels, une source est un phénomène ambivalent : sortie ou "émergence" d'eau souterraine, origine d'écoulement d'eau de surface. Suivant le point de vue auquel se place l'observateur, suivant le milieu de circulation des eaux considéré, les définitions des sources - notamment celles respectives des hydrogéologues ou des hydrologues "de surface", ou encore des géographes - mettent l'accent sur l'un ou l'autre de ces aspects.


Définition proposée

Phénomène et lieu d'apparition et d'écoulement d'eau souterraine à la surface du sol, à l'origine en général d'un cours d'eau de surface. Vasque d'eau formée par l'émergence.


Commentaires :

  1. Source associe étroitement des sens actifs et des sens neutres :
  2. Dans un sens restreint (vieux), source a parfois été spécialisé pour désigner les seules issues de nappe souterraine d'aquifère poreux, dont l'eau est censée avoir été relativement "filtrée", par opposition aux exutoires d'aquifères fissurés ou karstiques qualifiés de "fausses sources". "Les véritables sources sont caractérisées par un débit faible (ou modéré), constant et par une température et une composition invariables" (Martel, 1921). Cf. "Source vraie" (H.Schoeller, 1962).

    N.B. : Ce dernier sens est toujours sous-entendu dans l'expression eau de source.

  3. Dans un sens élargi impropre, source est employé parfois, notamment par les mineurs ou les opérateurs de travaux souterrains, pour désigner toute venue d'eau localisée, provoquée par une excavation, un puits, une fouille. Réf. P.Perrault, 1674 ; "Un sondage de dix mètres... ramena une source d'eau très-abondante" (Héricart de Thury, 1829). Cf. Le Robert. Mieux vaut utiliser dans ce sens "venue d'eau". Plus largement et anciennement source a désigné toute eau souterraine susceptible d'être trouvée et captée : rechercher les sources cachées. "Par le mot source j'entends un cours d'eau souterrain" (Paramelle, 1856). Larousse, 1933.

    N.B. : De ce sens dérive le mot "sourcier".


Typologie :

Les sources sont classées et reçoivent divers qualificatifs suivant différents critères, qui se rapportent à l'un des sens actifs ou neutres définis plus haut.


J. Margat, Novembre 1996