Humide, humidité
Etymologie et histoire :
Empr. lat. humidus (du même radical que le verbe humere et le nom
humor) dont le signifié peut être ou "mouillé" ou "liquide",
employé aussi au neutre subtantivé humidum " lieu humide,
marécage" ou "humidité" (le lati humiditas est du latin tardif).
Attesté en français des le XIViéme (au masculin humiz,
féminin humide) et au XVième sous la forme unique humide.
Le nom humidité est également attesté au XIVième.
En hydrologie : réf. Perrault 1674, Aragon 1834
Définitions existantes
HUMIDE
- Trésor de la Langue Française :
- Vx "qui est de la nature de l'eau"
Poèt. L'élément humide, l'eau.
- imprégné d'eau, de liquide, de vapeur
- Littré :
"qui tient de la nature de l'eau. Imprégné de vapeurs aqueuses"
- Le Robert :
"Chargé, imprégné de substance aqueuse et, par extension, de liquide,
de vapeur".
- Larousse :
"Chargé d'eau ou de vapeur d'eau".
HUMIDITE
- Trésor de la Langue Française:
"Vapeur, eau imprégnant un objet ou un lieu".
- Littré :
" Qualité de ce qui est humide, état d'un corps qui est
imbibé d'eau".
- Le Robert :
"Caractère de ce qui est humide, chargé d'eau, de
liquide, de vapeur; l'eau, la vapeur que contient un corps, un lieu. Les plantes ont
besoin d'humidité. Humidité d'un sol. Humidité de l'air, du climat".
- Larousse:
"Etat de ce qui est humide: l'hygromètre mesure
l'humidité de l'air".
- Dictionnaire français d'hydrogéologie, 1977:
"Teneur en eau d'un milieu non saturé, quel que soit le type de liaison physique de
l'eau avec le milieu solide, exprimé en rapport de volume ou plus
généralement de poids".
- Dictionnaire français d'hydrologie de surface, 1986 :
" Présence d'eau dans un milieu quelconque. Le terme demande à être
spécifié".
Remarques
Ces définitions se réfèrent généralement à l'eau dans ses deux états: liquide et vapeur.
Humidité désigne souvent à la fois l'eau présente dans un milieu non saturé ("eau d'imbibition", "d'imprégnation") et, dans un sens quantitatif, la teneur en eau (de l'air, du sol) appelé aussi "taux d'humidité".
Dans le langage scientifique le sens d'"eau non saturante" dans un milieu défini et le sens quantitatif de "teneur en eau", différemment définie suivant le milieu considéré (air, sol), tendent à supplanter le sens d'état de la langue courante. Humidité est le plus souvent utilisé avec un qualificatif ou un complément de nom qui en précisent le sens.
Ainsi le mot humidité seul est souvent absent dans divers glossaires spécialisés. Par exemple
(a) Vocabulaire de l'hydrologie et de la météorologie, CILF 1978,
(b) Glossaire international d'hydrologie 1992, où sont définis au contraire différentes expressions spécifiques:
Exemples dans le Glossaire international d'hydrologie :
Humidité du sol : "Humidité contenue
dans la portion de sol se trouvant au dessus de la nappe libre, y compris la vapeur d'eau
présente dans les interstices du sol".
Humidité équivalente : " Eau qui
reste dans le sol quand on soumet l'échantillon à une force centrifuge
égale à 1000 fois la force de gravité pendant 30 minutes".
Définition proposée en hydrologie
HUMIDE
Etat d'un milieu solide contenant une certaine quantité d'eau (non saturante), exprimable en proportion de masse ou de volume. Etat de l'air contenant une certaine quantité de vapeur d'eau, saturante ou non.
HUMIDITE
Eau (liquide, vapeur) présente dans un sol, une roche, sans les saturer. Teneur en eau du milieu non saturé. Vapeur d'eau, saturante ou non, présente dans l'air
Commentaires
- Dans des disciplines voisines, Humide prend des sens différents:
- en climatologie: caractérisé par un excédent de
précipitations sur l'évaporation potentielle, "climat humide",
"zone humide" (G.I.H, 1992);
- en écologie : caractérise un milieu terrestre à présence
permanente ou quasi-permanente d'eau superficielle ou de subsurface peu profonde:
"zone humide" (voir ce mot).
- En météorologie et en science du sol humidité entre dans différentes expressions se rapportant à l'air ou au sol, en se réfèrant soit à l'état de l'eau considéré, soit à des normes métrologiques.
Par exemple, quant à l'humidité du sol:
- coefficient d'humidité : rapport de la teneur en eau d'un sol
séché à l'air libre à 15 °C, à la teneur en humus (Plaisance, Cailleux 1958).
- degré d'humidité : pourcentage du poids d'eau contenue dans l'unité de volume des pores rapporté au poids du sol, du terrain sec: WxG/E avec
- W teneur en eau (en poids, en pourcentage du sol sec)
- G poids spécifique du sol sec
- E indice des vides (porosité totale)
(Plaisance, Cailleux, 1958).
- gradient d'humidité : différence de teneur en eau par unité de distance, généralement selon une direction verticale (Hallaire 1963).
" La circulation de l'eau dans un sol en voie de dessèchement peut se faire à contre-gradient d'humidité" (Hallaire).
- taux d'humidité : teneur en eau de rétention d'un sol, d'une roche,
exprimée en poids et rapporté au poids total de l'échantillon sec
(chauffé à 105 °C) (Hallaire, Baldy 1963).
- humidité actuelle : teneur réelle en eau d'un sol, d'un échantillon de sol déterminé à un instant donné, exprimée en poids, en pourcentage du poids de l'échantillon sec (Plaisance, Cailleux 1958).
- humidité critique : teneur-limite en eau d'un sol au dessus de laquelle les affaissements déterminés par une même augmentation de pression deviennent brusquement plus grands (Plaisance Cailleux 1958).
- humidité équivalente (ou équivalent d'humidité, selon les auteurs) : poids d'eau retenu par un échantillon de sol préalablement saturé, soumis à une force centrifuge égale à 1000 fois la gravité pendant 30 minutes, exprimé en pourcentage du poids total du sol.
Elle est considérée comme "équivalente" en pratique à la capacité de rétention (Imbeaux 1930, Schoeller 1956, 1962, Poirée & Ollier 1962).
- humidité minimum : teneur en eau résiduelle d'un sol mesurée après un chauffage à 105øC pendant 24 heures (Plaisance, Cailleux 1958).
- humidité moyenne : moyenne pondérée des teneurs en eau d'un sol, mesurées suivant un profil vertical, en un point donné (Hallaire 1948).
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J. Margat, novembre 1997 |
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