Débit (moyen) annuel, Module


Etymologie, historique :

Module : Empr.lat. modulus, dimin. de modus "mesure" (cf aussi modèle), employé dans un sens spécial par Vitruve en architecture, d'où le fr. module (XVIème) "unité de mesure adoptée pour déterminer les proportions des diverses parties d'une construction". En dehors d'un emploi général au sens de "étalon, calibre", le mot désigne par anal. en Hydrologie une unité de mesure d'un débit. La première attestation du mot dans les sciences de l'eau date de 1816 (R.PRONY) pour désigner une "nouvelle unité de mesure pour la distribution de l'eau", elle correspondait à un débit de 20 m3/jour.

A noter que les fontainiers utilisaient autrefois une unité appelée pouce d'eau ou pouce fontainier : "quantité d'eau qui s'écoule par un orifice circulaire d'un pouce de diamètre, percé dans une mince paroi verticale, sous une charge de 7 lignes d'eau à partir du centre de l'orifice " (Péclet, Traité de physique, 1847, t.1, p.170) soit 19,2 mètres cubes par 24 heures. En 1789, le Traité élémentaire de Chimie de Lavoisier comporte une série de Tables (t.II, p.237 à 269) parmi lesquelles une Table du nombre de pouces cubes correspondants à un poids déterminé d'eau..

Débit annuel "Le débit annuel d'un fleuve représente donc annuellement l'excès des eaux pluviales tombées à la surface du bassin drainé par le fleuve sur la quantité d'eau qui s'évapore, sous toutes les formes, à la surface du bassin". (H. Marié-David, Météorologie, Paris, Masson, 1866, p.324).

Débit moyen "Des observations soigneusement relevées ont montré que le débit moyen de la Seine à Paris est de 250 mètres cubes par seconde (75 seulement dans les sécheresses), qu'il est de 694 mètres après que la Seine a absorbé tous ses affluents et qu'elle verse dans la Manche environ 2.500 mètres cubes, 10 fois son débit à Paris" (Th. Huxley, adaptation G.Lamy, Physiographie, Paris, Alcan, 1882, p.3).


Définitions existantes :


Remarques :

Rappelons que le débit est "le volume de fluide écoulé en un point par unité de temps" (Le Nouveau Petit Robert,1994) et qu'en hydrologie "le débit d'un cours d'eau est le volume qui passe pendant l'unité de temps (seconde) par la "section mouillée", c'est à dire par la surface qu'enveloppe le "périmètre mouillé" " (de Martonne, Traité de Géographie physique, 1929). Par conséquent tout débit d'une durée supérieure à la seconde (débit horaire, journalier, mensuel, annuel...) est nécessairement un "débit moyen" qui est calculé en faisant la moyenne arithmétique des débits au cours de la durée choisie.


Propositions de définitions :

Le débit (moyen) journalier, mensuel, annuel.. est la moyenne arithmétique de tous les débits par seconde de la période considérée. Le débit annuel devra être obligatoirement suivi de l'année considérée.

Le débit (moyen) inter-annuel est la moyenne arithmétique des débits (moyens) annuels calculée sur une période de temps au moins égale à 30 années consécutives.

Le débit (moyen) pluri-annuel est la moyenne arithmétique des débits (moyens) annuels calculée sur une période de temps quelconque (en général la série compléte des débits annuels)

On pourra utiliser le terme de "module pluri-annuel" ou "module inter-annuel" dans le même contexte que pour "débit pluri et inter-annuel".


Commentaires :

Les débits pour une durée supérieure à la seconde seront toujours suivis de la période sur laquelle ils ont été calculés. De même pour le mot "module" s'il est employé dans le sens de "débit (moyen) annuel".

Ex : débit annuel 1995, débit interannuel (1951-1980), module de l'année 1914, module pluri-annuel (1924-1936, 1944-1962).

L'expression "écoulement moyen" est à proscrire, l'écoulement étant un phénomène hydrologique et non une mesure.

Notons cependant que le mot "module" est parfois employé comme "unité de mesure de débit (de l'eau d'une pompe, d'une fontaine) équivalant à 10 m3 par 24 h." (Le Robert, 1994).

Nous suggérons donc que "module" soit abandonné pour désigner "débit (moyen) annuel" ou "débit (moyen) interannuel".


J.P. Carbonnel, avril 1996