Historique et Etymologie
Aride: emprunté au latin aridus, de arere, être desséché. Aridité : emprunté au latin Ariditas. Apr. 1369 "dépourvu d'humidité d'où sans végétation aride" (G. de Machaut -Prise d'Alexandrie, v.1524)
Définitions existantes
Définition proposée
Aridité : climat caractérisé par la faiblesse des
précipitations moyennes annuelles et par le fort déficit de celles-ci par
rapport à l'évapotranspiration potentielle, opposé à un
climat humide. Concept climatique à référence spatiale (zone aride),
l'aridité ne doit pas être confondue avec la SECHERESSE, concept
météorologique à référence temporelle
- phénomène conjoncturel (période, année sèche).
L'aridité a de fortes implications hydrologiques et édaphiques dont elle
est indissociable.
Commentaires
Typologie
L'aridité peut s'exprimer quantativement par différents indices d'aridité conventionnels et empiriques, la plupart simples rapports hydro-thermiques fondés principalement sur des grandeurs moyennes de précipitations et de température, qui sont utilisés pour définir les degrés d'aridité et les conditions de l'écoulement fluvial. Ils ont été proposés par des climatologues, des morphologues, des géographes, des botanistes. Les plus connus sont ceux de E. de Martonne (1926), E. Emberger (1932), C.W. Thornthwaite (1948), J. Dubief (1950), R. Capot-Rey (1951), H. Gaussen, F. Bagnouls (1952) et P. Birot (1953).
Suivant l'ampleur du déficit hydrique déterminant, plusieurs degrés d'aridité peuvent être différenciés, se définir par des classes d'indices d'aridité convenues et recevoir des qualifications particulières applicables à des zonalités climatiques. Il est devenu classique de distinguer trois degrés dans l'aridité. Dans les régions hyper-arides, les précipitations sont exceptionnelles (10 à 50 mm en moyenne annuelle, si tant est que la moyenne ait, ici, un sens), très inégalement réparties avec des interruptions de plus de douze mois consécutifs. L'écoulement y est rare, épisodique, inorganisé. Les régions arides reçoivent de faibles pluies (en moyenne annuelle, de 50 à 150 mm dans la zone tropicale) groupées sur une saison, très irrégulières d'une année sur l'autre. L'écoulement dans les talwegs est intermittent, fragmenté en crues isolées consécutives à des averses rares, de courte durée et de forte intensité; il est affaibli par les ponctions énormes de l'évaporation et de l'infiltration; des points d'eau permanents sont dus aux résurgences de petites nappes d'infero-flux au niveau de seuils rocheux. Dans les régions semi-arides, les pluies réparties sur quelques mois de l'année sont assez abondantes pour assurer à la végétation et à l'écoulement des eaux un rythme saisonnier; mis à part le cas exceptionnel des cours d'eau allogènes, l'écoulement se fait par crues isolées parfois soudaines et violentes.
| JPC, MD, JM, novembre 1995 |